Conférence – Débat sur la finance islamique en république de Guinée

Une partie de la conférence-débat sur la finance islamique en Guinée

Dans le cadre du programme des activités du master Finance Islamique et Audit en Guinée (FIAG), qui consiste à inviter des hauts cadres du secteur de la finance Islamique pour des conférences débats, le master FIAG de l’université Al-Eamar de Guinée, a invité le doyen El hadj Abdourahmane BAH, samedi 14 mars 2014, pour parler de la microfinance et l’instauration de la finance islamique en république de Guinée afin de les permettre de se projeter dans leurs métiers futurs.

Fonctionnaire à la retraite, El hadj Abdourahmane BAH est un fruit de l’Université Guinéenne. Ancien fonctionnaire des ministères des Finances et de l’Industrie.

La rencontre a été essentiellement axée sur son expérience dans l’instauration de la microfinance dans le système financier de la république de Guinée.

Sur ce contexte, il a brièvement parcouru l’historique de l’instauration de cette microfinance en République de Guinée.

L’instauration de la microfinance en république de Guinée :

Pour parler de ce processus d’instauration de la microfinance en république de Guinée, le conférencier a tenu tout d’abord a rappelé qu’après l’indépendance, l’un des soucis majeurs des jeunes Etats, était de trouver des instruments de développement ; cela les conduira à créer des banques commerciales. Mais le problème a toujours perduré par le fait que ces banques ne satisfaisaient pas aux besoins pressants des promoteurs de projets. Ils se tourneront vers les partenaires techniques et financiers (PTF) pour négocier des lignes de crédits qui seront logés dans les banques selon les règles de la finance conventionnelle, a-t-il expliqué.

Il précise que « très souvent, les projets présentés soufraient de non admissibilité devant ces partenaires pour cause de mauvaise étude ». Les Gouvernements, pour répondre aux exigences des partenaires financiers, ont mis alors, des mécanismes en place pour pallier aux insuffisances dont souffrent ces projets, dont la mise en place :

  • De fonds d’étude ;
  • De fonds de participation, pour les apports personnels ;
  • De fonds de garantie ;
  • De fonds de bonification, pour palier à l’élévation du taux d’intérêt.

Il ajoute que c’est sont « les difficultés liées à la non-atteinte des objectifs avec les banques commerciales qui vont amener les Etats à créer des Banques de Développement ».

Pour le cas de la république de Guinée, « L’Etat ne se retrouvait pas dans ce schéma car le régime en place était celui du système socialiste. Mais en 1984, avec le changement de régime, la Guinée devait faire face aux nouveaux défis économiques liés au libéralisme. Les PTF ont ainsi conseillé aux autorités en place d’instaurer l’ajustement structurel qui reposait sur deux bases fondamentales : La privatisation et le dégraissage de la fonction publique », a-t-il précisé.

A l’issu d’un concours auquel étaient soumis tous les fonctionnaires de l’Etat, des milliers de cadres sont mis à l’écart et seront appelés « déflatés ». Ce phénomène créera plus de soucis que de solution. Beaucoup de familles vont connaître la précarité et de difficultés dans leur quotidien. Ainsi, les PTF, appuyant les efforts des Gouvernants ont créé des projets dont :

  • CFD, qui créa le Crédit Rural ;
  • PNUD, qui créa PAI ;
  • USAID, qui créa le PRIDE ;
  • YETE MALI, créé par la Coopération Canadienne.

D’où la naissance de la Micro finance en république de Guinée.

Tous ces projets, « visaient essentiellement des activités de survie et quelquefois des activités génératrices de revenu ». Cependant, « ils ne contenaient que les expertises et du matériel pas de fonds propres. Les lignes étaient asséchées ! ».

Au regard des limites de ces projets et l’accroissement des besoins, il fallait institutionnaliser ces projets en les transformant en d’autres structures plus performantes et répondants aux préoccupations des populations : Crédit rural se transforme alors en Crédit rural SA ; YETE MALI sera logé à la Banque Centrale et ainsi de suite. A travers ces structures, « les promoteurs des projets étaient mieux qualifiés pour leur admissibilité à des financements plus importants des Banques », a-t-il expliqué.

Processus d’instauration de la finance islamique en république de Guinée :

El hadj Abdourahmane Bah rapporte que c’est la curiosité des autorités en charge de l’économie et de finance a poussé aux questionnements sur la finance islamique en république de Guinée. C’est dans ce cadre que la Banque Islamique de Développement (BID) a été sollicité. Elle enverra ainsi, un expert pour former de hauts cadres de l’Etat sur certains modes de financement en finance islamique, parmi lesquels :

  • Al Moudharaba ;
  • Al Moucharaka ;
  • Al Mourabaha ;
  • Al Istisna’a ;
  • As-Salam ;
  • Qard Hassan.     

Etant promoteur, des 3AE, Elhadji Abdourahmane Bah a expliqué le mode de fonctionnement de cette structure de microfinance, ses avantages et limites. Ensuite, il a ensuite parlé de la création du Fonds d’Affaire et d’Investissement en Guinée (FAIG).

Pour faire connaitre et faire utiliser la finance islamique dans le système économique de notre pays, le conférencier souligne qu’il faut mettre en place une synergie d’action entre les promoteurs de ce mode de financement et les acteurs de la vie économique. Ce modelé est aujourd’hui usité dans plusieurs pays du monde et fait succès dans le système économique. Il y a lieu de créer d’institutions fiables et mettre des normes objectives s’inspirant du modèle islamique pour l’instauration d’une économie et d’une finance plus axée sur l’intérêt et le salut de l’homme.

Enfin de cette conférence-débat, une visite à 3AE est proposée et sera coordonnée par Dr. Mamadou Lamine Diallo, directeur du fonds national de la zakat et du waqf.

El hadj Ibrahima BAH

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